Marche arrière sur les biocarburants de première génération en Europe

Par P.E. Bouillot

Afin de réduire de sa dépendance au pétrole pour les transports, et de limiter les émissions de gaz à effet de serre en utilisant des énergies renouvelables, l’Union européenne s’était lancée dans une stratégie en faveur des biocarburants. Le 17 octobre dernier, une proposition de la Commission pour réduire les effets climatiques de la production de cette alternative aux produits pétroliers remet en cause cette politique pour des raisons environnementales.

Les biocarburants sont des combustibles non fossiles issus de la biomasse. Autrement dit, ils proviennent de matières organiques végétales ou animales. Plus précisément, ces matières sont issues soit de produits alimentaires, pour les biocarburants de 1ière génération (appelés aussi agrocarburants), soit de matières premières non alimentaires (bois, paille ou déchets organiques) pour les biocarburants de 2ième génération. À ces deux catégories s’ajoutent également les biocarburants de 3ième génération issus de micro-algues.

C’est à propos des biocarburants de première génération, produits notamment à partir de blé, de maïs, de colza ou de betteraves, que l’Union européenne revoit ses objectifs à la baisse, car l’avantage comparatif des agrocarburants par rapport aux produits pétroliers n’apparaît pas si évident du point de vue des émissions de gaz à effet de serre. Plusieurs études scientifiques ont montré que le bilan carbone des biocarburants pouvait être équivalent à celui du pétrole, lorsque l’on prenait en compte les modifications indirectes de l’affectation des sols provoquées par la production de biocarburants ; ces modifications indirectes étant par exemple le déplacement de la production agricole pour l’alimentation vers des zones non-agricoles comme les forêts. Ce sont les biocarburants d’importation qui sont ici visés, plus particulièrement ceux qui causent la déforestation en milieu tropical.

Compte tenu de ces conséquences négatives sur l’environnement, l’Union européenne souhaite baisser ses objectifs d’incorporation de biocarburants d’origine alimentaire dans les transports en passant de 10% à 5%. Pour autant, les institutions communautaires souhaitent maintenir leur politique d’incitation à la production de biocarburants de deuxième et de troisième générations, dont le bilan carbone semble plus positif.

À propos des agroacubrants et de la sécurité alimentaire, vous pouvez également lire : Les aliments et les agrocarburants : boire, manger ou conduire ?, par Sylvestre YAMTHIEU, Le blog du programme Lascaux.

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