Pas de sécurité alimentaire sans sécurité de l’eau !

– Par Sylvestre YAMTHIEU

La place de l’eau dans l’agriculture confirme l’adage selon lequel « on ne se rend compte de l’importance d’une chose que lorsqu’on la perdue ». En effet, au même titre que la terre et les intrants, la disponibilité en eau a une influence indéniable sur la quantité et la qualité de la production agricole. Or, à défaut d’être suffisante, l’eau n’est pas toujours disponible pour les agriculteurs de nombreuses régions du Monde. Cette rareté de l’eau nécessaire aux activités agricoles sévit particulièrement en Afrique et les États-Unis en ont fait les frais récemment (été 2012). Ceci a des conséquences sur la disponibilité et l’accessibilité des denrées alimentaires dont les prix, sous l’effet de la sécheresse, s’envolent ; c’est ainsi que les prix du maïs et du blé ont augmenté de 25 % et ceux du soja, de 17 % entre juin et juillet 2012. L’eau apparaît donc comme la source de la sécurité alimentaire et de la vie.

Pourtant, ce liquide est de plus en plus destiné à la production des fleurs et des agrocarburants, d’une part, et est gaspillé sur l’ensemble de la chaîne alimentaire d’autre part.  Environ 30 % de la nourriture produite dans le monde (soit l’équivalent d’1,3 milliard de tonnes) sont perdus ou gaspillés chaque année tout au long de la filière, de la ferme à la table. La FAO met en garde contre les dangers qui peuvent résulter de ce gaspillage.

Pour réduire, à défaut de résorber, le gaspillage d’eau, la FAO, dans le Rapport sur L’Etat des ressources en terres et en eau pour l’alimentation et l’agriculture, dégage quelques pistes de solutions qui peuvent être interprétées comme des recommandations pour les États. Ces quatre pistes de solutions sont contenues dans un document intitulé « Coping with water scarcity: An action framework for agriculture and food security ». Il s’agit notamment de la modernisation de l’irrigation, d’un meilleur stockage des eaux de pluie, du recyclage ainsi que la réutilisation des eaux, la lutte contre la pollution et la réduction des gaspillages alimentaires.

S’agissant de la modernisation des systèmes d’irrigation, l’exemple du Maroc est évocateur à plus d’un titre. En effet, l’agriculture irriguée au Maroc représente environ 45 % de la valeur ajoutée agricole. Cette contribution est plus importante pendant les périodes sèches. Le secteur irrigué contribue en moyenne à hauteur de 99 % pour la production de sucre, 82 % pour les cultures maraîchères, 100 % pour les agrumes, 75 % pour les fourrages et 75 % pour le lait.

Cet exemple montre, s’il en était encore besoin, que la sécheresse qui sévit dans la Corne de l’Afrique n’est pas insurmontable. La sécurité alimentaire dans cette partie du monde passe par la sécurité de l’eau. Car, comme le souligne le José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, il « ne peut y avoir de sécurité alimentaire sans sécurité de l’eau ».

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