La sécurité alimentaire au Cameroun

Par sylvestre YAMTHIEU

Le Cameroun est un pays de l’Afrique centrale d’une superficie de 475 500 km2  et composé d’environ 20 millions d’habitants. Il est encadré à l’Ouest par le Nigeria et l’Océan Atlantique, au Sud par le Gabon, la République du Congo et la Guinée Équatoriale, à l’Est par la République Centrafricaine et, enfin, au Nord par le Tchad.

Ce pays, longtemps considéré comme « le grenier de l’Afrique centrale », connaît ces dernières années une situation de crise alimentaire dont les événements de février 2009, qualifiés d’« émeutes de la faim », constituent une des manifestations. Or, les conditions naturelles d’une agriculture capable d’assurer l’autosuffisance alimentaire dans ce pays semblent réunies. Au rang de ces conditions, il y a d’abord le relief constitué de basses terres, de plateaux et de hauts plateaux. Ensuite, ce pays est traversé par le climat équatorial (au Sud) et le climat tropical (au Nord). Dans ces conditions, tous les aliments de base peuvent être produits au Cameroun sauf ce que l’on refuse d’y semer. Il est donc paradoxal qu’en 2010, 14 750, 54 tonnes de maïs, 363 827 tonnes de blé et 12 043,44 tonnes de produits laitiers aient été importés par le Cameroun comme le relèvent les statistiques.

Il se pose alors la question de savoir comment on en est arrivé là ?

A la fin des années 1970 et au début des années 1980, pour inviter les États africains (parmi lesquels le Cameroun) à payer leurs dettes, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont imposé à ces États des Programmes d’ajustement structurels (PAS). Sur leur fondement, l’État  camerounais s’est désengagé de plusieurs activités pour se concentrer sur les missions dites « essentielles », à savoir l’économie, la défense, la santé, l’éducation et la diplomatie. L’agriculture, la sécurité et la souveraineté alimentaires n’étaient, quant à elles, pas inscrites parmi les priorités. A cause de ces programmes, les agriculteurs camerounais ont ainsi été livrés à eux-mêmes quand, dans le même temps, en Europe et aux États-Unis, leurs homologues bénéficiaient de toutes les attentions. Par ailleurs, à la suite de la mondialisation de l’économie, le libre-échange expose de plus en plus les matières premières agricoles camerounaises à l’exportation. Ainsi, il n’est pas rare que le Cameroun, grand producteur de bananes, connaisse des pénuries de cette denrée. Il y a alors à craindre qu’au-delà du Cameroun, la sécurité alimentaire dans la sous-région de l’Afrique centrale se trouve aussi menacée.

Pour enrayer cette situation, deux mesures au moins devraient être envisagées. Il s’agit notamment de garantir l’accès des paysans à la terre ainsi que leur accompagnement.

S’agissant de l’accès aux terres agricoles, il constitue le préalable à l’activité agricole. Or, il y a à craindre que les contrats de cession de terre par lesquels les pouvoirs publics accordent de vastes espaces agricoles aux investisseurs étrangers constituent un obstacle à la sécurité alimentaire dans ce pays. En revanche, s’agissant de l’accompagnement des agriculteurs, les pouvoirs publics camerounais se sont engagés dans la relance du secteur agricole. Par exemple, il est prévu la création d’une banque agricole pour accompagner et financer les investissements dans ce secteur. De nombreuses aides sont également accordées aux agriculteurs pour améliorer le rendement de la production agricole. Ces mesures indiquent que les pouvoirs publics  vont dans le bon sens, mais il faudrait rester vigilant.

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